Ton TDAH est différent du mien

Lors d’une discussion avec mon mon fils, il me racontait qu’il trouvait que son petit frère était un mélange de lui et de son grand-frère: « Il bouge tout plein comme moi et il est distrait comme Antoine ». Son commentaire m’a surprise, non pas parce que je n’avais remarqué la ressemblance mais plutôt parce qu’elle était maintenant à ce point évidente que même mon fils de 9 ans la remarquait. Ce que nous appréhendions depuis quelques mois est maintenant une évidence, nous avons un autre enfant TDAH.

valiseAu début, je trouvais qu’il était un peu la copie de l’ainé, autant physiquement que TDAH parlant.  Mais aujourd’hui, je réalise que lui aussi a sa propre saveur de TDAH, certains avec ou sans le H, d’autres avec des comorbidités qui ajoutent un peu (beaucoup) de piquant. Ma belle-mère me disait que chaque enfant arrive dans ce monde avec sa propre petite valise.  Je réalise aujourd’hui que c’est aussi le cas pour les TDAH, ils ont des saveurs différentes, même au sein d’une même famille!

Ma belle-soeur, qui a elle aussi des enfants TDAH, ne vit pas le TDAH de la même façon qu’au sein de notre famille et ses garçons n’ont pas non plus un TDAH qui se ressemble entièrement.  Bien sûr, il y a des ressemblances, sinon, comment pourrait-on attribuer un comportement de notre enfant au TDAH?  Mais si vous faites l’exercice vous-même, vous constaterez que votre enfant ne répond pas à tous les critères d’un TDAH.

Mais qu’en est-il de la perception de la société? Selon elle, nous gavons tous nos enfants au Ritalin et nous manquons tous d’affirmation parentale (même de compétence)…!! Nos enfants TDAH sont tous hyperactifs et ils sont des enfants Rois. Mythes, mythes, mythes, mythes!

Nous médicamentons nos enfants en fonction de leurs problématiques, de leur saveur de TDAH : certains ont une hyperactivité stimulée par leur trouble anxieux alors que d’autres ont simplement besoin de canaliser leur concentration (être focus).  Je ne connais aucun parent qui a choisit de donner une médication à son enfant pour avoir la paix, c’est vraiment parce qu’ils étaient à bout de souffle ou que l’entourage de l’enfant n’en pouvait plus. On ne veut pas avoir recourt à la médication, mais nous n’avons pas le choix. Le plus souvent, ce n’est même pas nous qui profitons des bienfaits de celle-ci, c’est l’école et l’enfant.  Le matin, c’est souvent le chaos puisque la médication vient tout juste d’être prise et ne fait donc pas encore effet. Au retour le soir, elle a cessé d’agir et souvent, elle a un effet rebond (kick back) qui a pour effet de doubler les signes habituels de TDAH.

Cette saveur s’exprime également dans les préjugés, il m’est souvent arrivée de me faire dire que mon enfant n’avait pas de TDAH, qu’il avait juste besoin de bouger, d’être « dompté » ou encore qu’il agissait comme un enfant normal. Mon TDA n’a pas besoin de bouger… mon TDAHI (oui la combinaison des 2) lui ne manque pas de focus… donc, il peut être difficile pour quelqu’un qui ne s’y connait pas de faire la distinction des saveurs…

Tout ce que j’aimerais dire à ces personnes, à la société en général, c’est d’arrêter de nous juger comme parents… faites-nous confiance.  Ayez confiance en mon jugement, en celui des autres parents proches… le TDAH est un trouble neurologique, pas une maladie psychosomatique.  Si nous sommes rendus à poser une étiquette sur notre enfant, ce n’est certainement pas de gaieté de coeur.  Nous en souffrons tous et si nous pouvions y changer quelque chose, nous le ferions! Personne ne le souhaite et personne n’aime carburer aux pilules, surtout pas un enfant!