Présenter le diagnostic à l’école

C’est aujourd’hui que je présenterai le diagnostic de mon fils à son professeur. Étonnement, je dois vraiment m’y préparer.  Le diagnostic de mon fils étant assez complexe, la présence de plusieurs comorbidités n’aidant pas, je dois en plus expliquer le type de TDAH qu’a mon fils.  Son TDAH est fort différent de celui de son frère qui a le type le plus courant, le type mixte (50 à 70% des TDAH).  Mon fils cadet a quant à lui un TDAH avec impulsivité-hyperactivité prédominante (5% des TDAH). Ce qui le sauve, ce sont ses très bonnes notes… aucun problème d’apprentissage… mais la présence des comorbidités font qu’en plus d’avoir une petite boule explosive, nous avons aussi une petite éponge à émotions. C’est terriblement lourd pour un enfant d’absorber toutes les émotions des autres, de les exacerber et ensuite de se faire réprimander pour ça.  L’estime de soi est très affectée, d’autant plus quand tu ne contrôle pas ton corps et ta tête.

Mon fils a une excellente enseignante. J’espère qu’elle pourra comprendre toute la problématique… le TDAH, le trouble anxieux, le trouble d’opposition, le risque de trouble des conduites… comment on explique tout ça à un professeur sans le faire paniquer? Parce que c’est réellement paniquant… j’étais complétement anéantie lorsque j’ai reçu le rapport, je suis encore dans cette phase de deuil… je n’accepte pas complétement ces diagnostics… mais bon, je dois quand même les identifier pour qu’au final, mon fils puisse être compris et outillé pour faire face à la situation.

Vous devriez me voir avec mon petit duo-tang et ma documentation… j’espère que je ne lui ferai pas trop peur…!!

 

C’est à notre tour…

576075_10151551069175212_1951393837_nChaque témoignage que vous livrez sur ce blogue m’aide à comprendre tous les aspect, toutes les nuances du TDAH. Je pensais savoir bien des choses mais vous êtes là à chaque fois à m’en apprendre encore plus. Je vous lis, le sourire en coin ou la larme à l’oeil. Chaque fois, je me dis qu’on est chanceux finalement, notre fils ainé n’a pas de problème d’apprentissage, pas de grande comorbidité ni un comportement intolérable.  Un bon et beau petit gars qui me rends si souvent fière. Bien sûr, les matins c’est quand même le vietnam!! D’autant plus qu’il partage sa vie avec non pas un petit frère, mais deux petits frères qui sont aussi, des petites boules d’énergie.

Eh bien finalement, c’est justement d’un de ces petits frères dont je vous parlerai. Celui-là même qui traine ses pénates chez la psy depuis plusieurs semaines afin d’évaluer toutes les facettes de sa personnalité disons, très colorée. Un petit garçon difficile à cerner, qui fait peu confiance et qu’on surnomme affectueusement « Schtroumpf grognon ». Très attachant et plutôt vivant, une belle boule d’énergie ! Gare à qui s’y frotte, il risque de s’y brûler.

Eh bien ce petit homme, vient tout juste de m’apprendre lui aussi une nouvelle facette du TDAH… le diagnostic complexe. Eh oui, ça y est, nous avons un autre TDAH dans notre petite famille… en fait, que dis-je… il a un diagnostic de faux TDAH… avec hyperactivité ET impulsivité. Pas du tout de type mixte comme son frère, on l’appelle le 5% je crois.  À certain on donne un 4%, à nous on a donné un 5%… un cas de TDAH dont les fonctions exécutives ne sont touchées qu’en partie et dont les comorbidités prennent toute leur importance : ajoutons à ce beau diagnostic un trouble oppositionnel (léger) et un trouble anxieux. Un risque élevé de troubles des conduites (délinquance) et de bipolarité de type 2.  Mesdames, messieurs, je joints les rangs de ces parents qui « ne l’ont pas facile ». Tout un cocktail… pas facile à recevoir, j’ai d’ailleurs été incapable d’écrire depuis que nous avons reçu le diagnostic.

La psychologue a fait un travail remarquable, une pro, une vraie de vraie.  Elle a tellement vu juste, c’est incroyable. Mon mari aussi trouvait que le portrait et l’évaluation était d’une grande justesse.

Comme je le disais, ce diagnostic donne une nouvelle saveur au TDAH… je la trouve un peu épicée en bouche en ce moment, c’est vrai… mais nous sommes confiants, nous réussirons à le guider dans la bonne direction et il finira sur le bon chemin, celui d’une vie heureuse, harmonieuse et épanouie. – Je lui souhaite tellement.

L’avenir… ne surtout pas y penser

Ce soir, je ne peux pas dire que j’ai le moral.  Il est vrai que ma journée à mal commencé.  Comme chaque matin, j’ai été prise entre les garçons qui se tiraillaient à qui prendrait le plus de place sur le sofa… puis ça s’est déplacé vers la table de la salle à manger… ils se taquinent sans cesse… ils oublient l’heure et exaspérée de répéter, je monte le ton.  De l’énergie négative dépensée si tôt le matin… je n’avais pourtant qu’une envie… un café.

Puis, j’ai lu Mathieu Perreault dans La Presse… la menace de l’hyperactivité… je me suis dit… encore un article sur la médication… mais la « menace » m’a quand même intriguée… j’ai lu… puis une pause…. une longue pause… est-ce vraiment ce qui nous attend?  Ça démarre en force : « ls sont sept fois moins susceptibles d’aller à l’université, sept fois plus susceptibles de ne pas terminer leur secondaire et gagnent en moyenne 40 000$ de moins par année. Leur couple est trois fois moins stable et ils ont trois fois plus de problèmes de drogue ou d’alcool ».  Ce n’est pas une opinion, ce sont les résultats d’une recherche. Bonjour la motivation pour la semaine de la sensibilisation!

Bien sûr, je peux me dire que ça n’arrivera pas à mes enfants… et me dire que je vais tout faire pour leur donner le goût de se pousser vers l’avant… mais le pourrais-je? Quand je lis cet article, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour Béatrice qui a formulé à travers son blogue sa liste de souhaits pour ses enfants… c’est touchant… mais ça me fou les jetons. Est-ce que c’est dans cette direction que nous allons (mes enfants sont jeunes)?  Est-ce que l’école réagira comme ça?  Qu’est-ce que je peux faire moi de plus qu’une autre maman? Rien…!! Je peux simplement faire de mon mieux…

Vous l’aurez compris, leur avenir me fait peur… j’y pense trop et je ne devrais pas.  Au jour le jour comme dirait ma mère… mais le problème, c’est que moi je ne suis pas TDAH… je peux me projeter dans l’avenir, planifier et visualiser… mais je peux angoisser aussi face à cela… et je le fais très bien.

Ce soir, je regardais cette grande montagne près de chez moi… majestueuse et colorée, rassurante aussi… je n’ai pas envie de voir l’avenir de mes enfants comme une montagne qu’il faudra gravir… non.  J’ai plutôt envie de voir sa beauté, sa force et l’inspiration qu’elle me procure. Tout comme cette montagne, l’avenir changera de couleur au fil des saisons… dans les moments enneigés, je me répéterai le nouveau leitmotiv de ma mère : « Dans le pire, le meilleur est à venir ».