Bilan de l’été

Oooh la la, je réalise que ça fait vraiment longtemps que je n’ai pas partagé quelques réflexions avec vous.  C’est vrai que ma vie a été passablement remplie depuis les derniers mois.  En plus d’être maman de 3 beaux garçons, je suis aussi entrepreneure et pas mal passionnée! J’ai été secouée par un excès de fatigue au printemps et j’ai dû profiter de l’été pour me reposer un peu. Mais le travail de maman lui n’arrête jamais! Surtout en période de vacances où l’on doit « occuper » nos enfants, particulièrement ceux qui ont des besoins particuliers.  Bref, je leur ai donné congé à eux aussi, moins de règles, plus de fun et surtout, plus de lest! Et ils me l’ont bien rendu!

L’expérience du camp de jour a été un franc succès, surtout pour mon petit opposant qui malgré son besoin de tout contrôler a su garder son calme et se voir confier la responsabilité de veiller sur un autre enfant de son groupe qui avait de sérieux problèmes de crises d’épilepsie (et possiblement autres problèmes dont j’ignore la nature).  Il a su remplir cette responsabilité avec brio!  Je salue l’intelligence des moniteurs qui ont cru en ses capacités et qui malgré leurs âge, ont su comprendre et surtout trouver un moyen efficace pour s’en faire un allié plutôt qu’avoir à subir un petit garçon opposant/défiant.  Vraiment, ça me rassure énormément de voir à quel point ces jeunes sont allumés et capables de trouver une solution… ce ne sont pas tous les adultes (parents, profs, intervenants, etc.) qui y arrivent! Ce n’est tellement pas évident! En plus de lui confier une responsabilité, ils récompensaient un enfant à chaque jour pour son bon comportement en donnant un bonbon.  Ça peut sembler banal, mais c’était un rituel ultra efficace pour mon fils, se voir remettre un bonbon pour la bonne journée… devant tout le monde et surtout, d’avoir une récompense pour tant d’efforts… c’était aussi motivant que si on lui avait accroché une médaille au cou.  En tout, pas moins de 3 bonbons lui ont été décernés.  Je suis tellement fière de lui.  Bravo mon champion!

photo_camp dejourQuant à petit fiston, il a clairement démontré des signes de TDAH : il a perdu 4 fois son costume de bain, 3 fois sa casquette, 2 fois sa boite à lunch et j’en passe.  On m’a informé qu’il n’était pas à l’écoute des consignes et qu’il avait craché sur un enfant…. misère! Je leurs ai proposé d’opter pour une approche plus physique, le prendre par la main, lui toucher quand ils lui parlent… plutôt que d’y aller de paroles.  Il fait abstraction de ce qu’on lui dit… comme s’il avait un trop plein de bruits et qu’il décidait de fermer ses oreilles.  Ça m’a rappelé mon ainé… sauf que pour petit fiston, je sais à quoi nous avons affaire… nous sommes plus calmes, mieux informés et nous pouvons ainsi mieux guider ces jeunes dans leurs interventions.  Tout s’est finalement terminé en beauté et il s’est même vu remettre une mention comme étant l’enfant s’étant le plus amélioré dans le groupe des maternelles.  Yééééé!

Notre plus grand n’a pas souhaité aller au camp de jour alors nous l’avons amené au boulot quelques fois et par d’autres moments il a passé la journée avec sa grand-mère à jouer au tennis, à jouer à la wii et à regarder des films.  Je trouve ça vraiment formidable qu’il prenne plaisir à partager ces moments avec sa grand-mère.  Il en gardera de très beaux souvenirs!

L’été fut trop court… oui oui… je me permet de chialer un peu… j’en aurait prit encore! Mais s’il y a une chose que je retiens de cet été 2014, c’est que mes petits hommes ont su se surpasser et qu’avec du « vouloir », on peut accomplir de grandes choses! Vraiment, j’en prends exemple…

C’est le TOP!

ballon

L’opposition, c’est comme un jeu de ballon!

Le TOP (Trouble d’opposition avec provocation), c’est en fait l’une des plus désagréable comorbidité du TDAH.  Le trouble d’opposition ressemble un peu aux 2 phases normales que vivent les enfants, le « terrible 2 » et l’adolescence… sauf que c’est tout le temps et à puissance 10! L’opposition normale et en fait transitionnelle et apparait lorsque l’enfant aquiert une certaine autonomie. Pour le « trouble » d’opposition, c’est assez différent, il se manifeste lorsque l’enfant s’oppose aux consignes de l’adulte et qu’il argumente sur tout et sur rien, rien à voir avec l’acquisition d’autonomie. Le TOP, c’est une joute argumentaire, un jeu de ballon qui n’en fini plus. Je te lance le ballon, tu me le renvoi, je te le retourne à mon tour et ainsi de suite.

Pourquoi?

On se pose tous la question, pourquoi mon enfant a ce trouble?? Selon le Dr Hammarenger, neuropsychologue, qui présentait une conférence sur le sujet : « La gestion des comportements d’opposition », plusieurs facteurs peuvent faire s’installer un trouble d’opposition:

  • La personnalité de l’enfant (il possède depuis toujours une personnalité opposante)
  • Un fort QI verbal
  • Une mauvaise gestion des phases normales (ex. le petit qui réussit à obtenir le bonbon en faisant une crise)
  • Des stresseurs familiaux (divorces, décès, etc.)
  • et finalement, le TDAH, le syndrôme de Tourette.

Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un TDAH pour avoir un TOP, mais l’avoir augmente les chances de l’enfant de développer un comportement opposant.

L’étude des comportements

Le Dr Hammarenger a aussi parlé des principes de base des comportements:

  • Un comportement avec des conséquences agréables sera reproduit
  • Un comportement avec des conséquences désagréables sera moins reproduit

Avec un TOP, il est important de bien comprendre les enjeux de gains.  Mon enfant peut s’opposer et provoquer parce que justement, il en retire un certain bénéfice, notre attention à son égard par exemple.  Dans notre tête d’adulte, ce raisonnement a du mal à faire son chemin parce que logiquement, on se dit qu’avec un tel comportement, il est forcément perdant.  On lui applique toujours une conséquence désagréable à ses gestes… alors qu’au contraire, il gagne en attention et ça, c’est encore plus agréable pour lui! Il faut donc bien étudier les gains que lui apportent certains de ses comportements.

Les règles d’or

Ce que le Dr Hammarenger propose pour contenir et faire cesser les comportements d’opposition, c’est:

  1. de couper l’attention négative au moment de l’opposition
  2. d’augmenter l’attention positive donnée à l’enfant/ado au quotidien lorsque ça va bien

Comment donner de l’attention positive à votre enfant?

Il vous est peut-être déjà arrivé de voir votre enfant sagement assis à jouer dans sa chambre et de vous dire « ouf, ça fait tellement de bien de le voir jouer tranquille, sans vagues ni tempêtes » et d’éviter de le déranger pour éviter d’éveiller l’ours qui dort…!!  Et bien, le dr Hammarenger suggère plutôt de prendre contact avec l’enfant lorsqu’il est sage et qu’il adopte un comportement qu’on souhaiterait voir reproduire.  Il suffit alors de s’intéresser à son jeu, de jouer avec lui même, de lui dire combien vous l’aimer et que vous aimer le voir adopter ce type de comportement.  Avoir un contact physique, le prendre dans vos bras par exemple, laissera une empreinte encore plus forte sur lui.  Une attention positive qu’il souhaitera voir reproduire.  Dites-vous que si vous ne lui donné par quotidiennement de l’attention, il va aller la chercher!! Et certainement pas de la façon que vous auriez souhaité l’avoir!

Nous sommes le reflet de l’enfant qui se construit

 Que faire quand ça dérape?

Vous lui demandé de ranger ses jouets dans sa chambre avant d’aller au lit et il s’y oppose? Il a toujours un bon argument en banque du genre « ça ne me tente pas », « je vais jouer avec demain » ou encore « ils ne me dérange pas »… vous avez toujours une explication prête pour justifier votre demande… vous vous sentez obligé d’en avoir une… il a toujours une bonne réplique pour y répondre et la consigne fini éventuellement par déraper sur un autre sujet et on fini en bout de piste par perdre notre temps en argumentation et à faire grimper notre colère (et la sienne) pour finalement aboutir à une conséquence poussée par la colère et trouvée de façon impulsive! On la regrette parfois, elle est souvent démesurée… pourquoi? Parce qu’elle est donnée sous le coup de la colère.  Comment s’en sortir? En n’y entrant pas! S’il vous lance le ballon et que vous ne l’attrapez pas, il ne pourra plus jouer au ballon avec vous.  Il faut cesser d’argumenter, de se justifier et de lui faire comprendre le pourquoi du comment.  Il le sait très bien! Ça fait plusieurs années que vous lui dites à chaque fois…

Alors voici ce que propose le Dr Hammarenger :

Lorsque l’enfant s’oppose à votre consigne : « Tu as 3 secondes pour répondre à ma demande » puis compter « 1 – 2 – 3 »

et à 3, placer l’enfant en retrait (le fameux timeout).

Même si l’enfant réagit à 3, il va quand même en retrait… vous mettez les bases pour la prochaine apparition de l’opposition. C’est tout simple non? Il est important de ne pas argumenter ou de ne pas discuter avec l’enfant durant la période de retrait.

D’autres pistes de solutions ont été présentées lors de cette conférence et je vous les présenterai lors d’un prochain billet.  En tant que parent d’un enfant opposant, je me suis sentie soulagée par les nombreux exemples présentés par le Dr Hammarenger, je me suis sentie « normale »… et je dois vous avouer qu’il y a un bon bout de temps que je ne m’étais pas sentie aussi comprise… les gens ont toujours une solution plus efficace que nous pour resserer la discipline ou les interventions face à cet enfant opposant.  Même en consultant en psychoéducation, on se questionne sur notre capacité comme parent à gérer ces situations et surtout sur notre compétence globale de parent… combien de fois je me suis sentie « crissement poche » comme mère… Cette conférence a mis un baume sur mes douleurs, sur mon estime personnelle.  Je vous la souhaite à tous!

Le TDAH, c’est confondant!

photodedosJe viens tout juste d’écouter une émission de radio d’où le sujet portait sur la pression qu’exerce l’école sur les parents pour qu’ils médicamentent leur enfant (voir références plus bas) alors que les parents s’y opposent.  Le sujet a vite tourné lorsque le Dr Chicoine est entré en ondes et a présenté l’équipe scolaire comme étant un bon juge de la situation vécue en classe et qu’il faut être attentif à ces signes.  Un enfant qui bouge beaucoup, c’est différent d’un enfant qui bouge beaucoup plus que les autres ! Oui l’enfant dérange, mais ce n’est pas nécessairement parce que le professeur fait preuve d’intolérance, c’est peut-être parce que l’enfant bouge en effet plus que la normale (je n’embarquerai pas dans un débat sur ce qu’est la normalité).

Même dans notre famille, les signes que notre enfant projetait étaient perçus de façon très différente dans le couple de parents.  Mon mari ressentait les signes à la puissance 10 (les tics de mon fils par exemple) au point tel que s’en était rendu insupportable pour lui alors que chez moi, c’était quasi imperceptible!! Je trouve donc normal qu’un parent n’ai pas la même perception qu’une enseignante, d’autant plus que le contexte est entièrement différent. C’est un peu la même chose avec notre entourage, comment une personne qui voit notre enfant une fois par mois (ou à chaque fête de famille) peut juger que notre enfant n’a pas de problème d’attention ou d’hyperactivité? Est-ce qu’ils savent vraiment ce qu’est un enfant ayant un déficit d’attention d’abord? Ensuite, peuvent-il vraiment faire la distinction entre un déficit d’attention et un problème d’hyperactivité? J’en doute fortement.

Il faut faire confiance aux professionnels, c’est leur travail de déceler les problématiques de l’enfant, tout comme celui de votre garagiste pour votre voiture.  Bien sûr, c’est plus émotif, plus sensible.  Ça nous ramène à notre rôle parental, à nos compétences… je sais… mais avoir un trouble neurologique, ça n’a rien à voir avec vos compétences de parents!!! Tout comme votre voiture lorsqu’elle a un problème de moteur alors qu’elle est neuve! Il faut accepter que notre enfant ai un problème et faire face à la musique comme lorsqu’il a attrapé cette fichue varicelle et que vous avez dû manquer une semaine de travail… sauf que là, c’est pour pas mal plus long et vous devrez apprendre à vivre avec!

Comme le disait le Dr Chicoine, le TDAH, c’est une atteinte aux fonctions exécutives, c’est complexe! Est-ce que quelqu’un pourrait me dire ce qu’est une fonction exécutive ou encore mieux, en nommer une? Ben non… ce n’est pas à la portée de tous, pas même de notre tante ou de notre beau-père! Mais le/la psychologue de l’école le peut!  Même certains professeurs sont très bien outillés pour le faire!!! Vous seriez étonnés de constater à quel point certains profs sont capables de faire encore plus qu’enseigner…!

L’enseignante de maternelle me racontait lors de notre dernière rencontre ce qu’elle avait remarqué chez mon fils.  Elle avait remarqué plusieurs signes qui correspondaient à une certaine sensibilité sensorielle. Elle m’a donné plusieurs exemples que j’avais moi-même remarqués à la maison et j’ai trouvé fort étonnant qu’elle puisse ainsi distinguer ceux-ci avec autant de justesse parmi un groupe d’une dizaine d’élèves.  Elle m’a dit avoir vu des signes de TDAH mais qu’elle jugeait pour l’instant que ce n’était peut-être pas aussi important que les signes sensoriels qu’elle avait nettement distingués.  Elle m’a suggéré d’aller chercher des réponses auprès d’un(e) ergothérapeute avant d’aller voir du côté d’un diagnostic de TDAH.  J’étais estomaquée mais surtout, très impressionnée par ses compétences… wow!

Allez, ouvrez vos horizons et prenez donc toute l’aide qui vous est offerte. Une simple ouverture peut souvent se transformer en une main tendue, prête à vous aider. 🙂

L’émission de radio de 98,5fm : Des parents doivent se battre contre l’école et les intervenants pour ne pas médicamenter leur enfant. Donne-t-on trop facilement des pilules à nos enfants pour les calmer?