Intervenir sans médication

Je vois depuis des années passer des articles sur la surconsommation de Ritalin ou sur les parents qui choisissent de ne pas donner la fameuse pilule à leur petit chéri… mais on parle peu des parents qui « savent » que leur enfant en aurait besoin et qui sont en attente d’un diagnostic ou encore, ils les trouvent bien petits pour aller vers cette ultime intervention.  Je vous l’annonce officiellement, c’est aussi mon cas!

hyperactiviteAprès avoir déjà vécu l’expérience, pas une, mais deux fois, on fini par reconnaître les signes et on a essayé plusieurs combinaisons d’interventions.  Mais même si je me considère relativement bien informée et outillée, je ne m’y fais pas.  Mon petit dernier qui vient tout juste d’entrer en première année et a déjà plusieurs signes et difficultés de concentration, de focus.  Son agenda est rempli d’échanges entre nous et sa professeur, son éducatrice au service de garde a remarqué son besoin de se laver constamment les mains, la prof d’éducation physique a laissé des notes parce qu’elle le trouve impulsif, peu à l’écoute… et puis, il y a nous.  Clairement, son attention est déficiente… nous devons crier pour nous faire entendre, lui toucher ou le sortir de son monde.  Nous comprenons très bien ce qui est observé à l’école, nous vivons le même scénario à la maison.

Alors j’ai sorti l’artillerie lourde…

  • d’abord, nous avons offert notre PLEINE collaboration au personnel enseignant
  • ensuite, nous avons décidé de permettre à fiston d’apporter son dauphin lourd en classe pour l’aider à se « grounder » et à se concentrer
  • puis, nous l’avons aussi muni d’un coussin Movin’sit junior qui aide pour l’hyperactivité
  • à la maison, nous avons réduit drastiquement le sucre
  • nous avons cessé de lui permettre de jouer à l’ordi en semaine
  • nous avons ramené l’oméga3 comme vitamine
  • nous tentons d’enrichir son alimentation en protéines mais il est extrêmement difficile
  • puis je fais l’essai d’un produit homéopathique qui favorise le calme
  • mais je n’ai pas encore trouvé de trucs pour réduire le tics, les bruits de bouche… on m’a suggéré le collier à mâchouiller… mais je ne sais pas trop.
  • puis évidemment, retour chez l’ergothérapeute!

On essaie cela en attendant d’avoir une évaluation… ce qui peut être assez long…  on s’était dit :  « nous traverserons le pont lorsqu’on y sera »… nous y sommes! Même si on sait nager, on cherche quand même à se sortir la tête de l’eau… on essaie de respirer et de ne pas se décourager… si je pouvais me permettre de rester à la maison, j’aurais plus de temps pour mettre en place une tonne de moyens, d’interventions… mais notre vie va tellement à une vitesse folle…

Chaque fois qu’on fait face aux difficultés de notre enfant, on consacre toutes nos énergies sur lui, à répondre à ses besoins et à mesurer sa réaction face à nos interventions… quand c’est un autre de nos enfants, tout est à recommencer.  Chaque TDAH a ses couleurs, il suffit de bien cerner à quelle couleur nous avons affaire… et comme parent, nous sommes bien souvent daltonien.  Alors on tente d’intervenir par instinct jusqu’à ce qu’on nous donne l’heure juste. 🙂

Ton TDAH est différent du mien

Lors d’une discussion avec mon mon fils, il me racontait qu’il trouvait que son petit frère était un mélange de lui et de son grand-frère: « Il bouge tout plein comme moi et il est distrait comme Antoine ». Son commentaire m’a surprise, non pas parce que je n’avais remarqué la ressemblance mais plutôt parce qu’elle était maintenant à ce point évidente que même mon fils de 9 ans la remarquait. Ce que nous appréhendions depuis quelques mois est maintenant une évidence, nous avons un autre enfant TDAH.

valiseAu début, je trouvais qu’il était un peu la copie de l’ainé, autant physiquement que TDAH parlant.  Mais aujourd’hui, je réalise que lui aussi a sa propre saveur de TDAH, certains avec ou sans le H, d’autres avec des comorbidités qui ajoutent un peu (beaucoup) de piquant. Ma belle-mère me disait que chaque enfant arrive dans ce monde avec sa propre petite valise.  Je réalise aujourd’hui que c’est aussi le cas pour les TDAH, ils ont des saveurs différentes, même au sein d’une même famille!

Ma belle-soeur, qui a elle aussi des enfants TDAH, ne vit pas le TDAH de la même façon qu’au sein de notre famille et ses garçons n’ont pas non plus un TDAH qui se ressemble entièrement.  Bien sûr, il y a des ressemblances, sinon, comment pourrait-on attribuer un comportement de notre enfant au TDAH?  Mais si vous faites l’exercice vous-même, vous constaterez que votre enfant ne répond pas à tous les critères d’un TDAH.

Mais qu’en est-il de la perception de la société? Selon elle, nous gavons tous nos enfants au Ritalin et nous manquons tous d’affirmation parentale (même de compétence)…!! Nos enfants TDAH sont tous hyperactifs et ils sont des enfants Rois. Mythes, mythes, mythes, mythes!

Nous médicamentons nos enfants en fonction de leurs problématiques, de leur saveur de TDAH : certains ont une hyperactivité stimulée par leur trouble anxieux alors que d’autres ont simplement besoin de canaliser leur concentration (être focus).  Je ne connais aucun parent qui a choisit de donner une médication à son enfant pour avoir la paix, c’est vraiment parce qu’ils étaient à bout de souffle ou que l’entourage de l’enfant n’en pouvait plus. On ne veut pas avoir recourt à la médication, mais nous n’avons pas le choix. Le plus souvent, ce n’est même pas nous qui profitons des bienfaits de celle-ci, c’est l’école et l’enfant.  Le matin, c’est souvent le chaos puisque la médication vient tout juste d’être prise et ne fait donc pas encore effet. Au retour le soir, elle a cessé d’agir et souvent, elle a un effet rebond (kick back) qui a pour effet de doubler les signes habituels de TDAH.

Cette saveur s’exprime également dans les préjugés, il m’est souvent arrivée de me faire dire que mon enfant n’avait pas de TDAH, qu’il avait juste besoin de bouger, d’être « dompté » ou encore qu’il agissait comme un enfant normal. Mon TDA n’a pas besoin de bouger… mon TDAHI (oui la combinaison des 2) lui ne manque pas de focus… donc, il peut être difficile pour quelqu’un qui ne s’y connait pas de faire la distinction des saveurs…

Tout ce que j’aimerais dire à ces personnes, à la société en général, c’est d’arrêter de nous juger comme parents… faites-nous confiance.  Ayez confiance en mon jugement, en celui des autres parents proches… le TDAH est un trouble neurologique, pas une maladie psychosomatique.  Si nous sommes rendus à poser une étiquette sur notre enfant, ce n’est certainement pas de gaieté de coeur.  Nous en souffrons tous et si nous pouvions y changer quelque chose, nous le ferions! Personne ne le souhaite et personne n’aime carburer aux pilules, surtout pas un enfant!

à GO, on sensibilise!

hyperactiviteAujourd’hui débute la semaine de sensibilisation au TDAH. Toutes les personnes touchées par le TDAH à travers le Canada (et pourquoi pas ailleurs aussi!) sont encouragées à mettre de côté les mythes, les stéréotypes et les mauvaises informations qui circulent sur ce trouble! Un site a d’ailleurs été développé afin de soutenir cette sensibilisation. L’an dernier, je publiais plusieurs billets sur la définition du TDAH et ses répercussions.  Cette année, j’ai pensé que « sensibiliser » voulait plutôt dire « informer » les gens qui ne connaissent pas ce trouble ou qui le connaissent mal.

Les journaux parlent souvent des enfants Ritalin, des parents consommateurs de pilules, d’enfants agités qui devraient faire du sport ou encore des problèmes de diagnostic.  Mais est-ce qu’ils savent vraiment ce qu’est le TDAH?- J’en doute. D’une façon bien personnelle, j’ai choisi de commencer ma sensibilisation sur facebook en publiant quelques capsules informatives sur le sujet et sur la façon dont ce trouble affecte ma famille. Je vous encourage fortement à faire la même chose et à pousser cette sensibilisation encore plus loin.

L’an dernier, toutes les associations oeuvrant auprès des TDAH publiaient la bannière présentant la semaine de sensibilisation, mais très peu d’entre-elles ont réellement « sensibilisé » les néophytes. J’encourage donc celles-ci à en faire plus cette année. À dire haut et fort que ce trouble « est un des troubles les plus répandus au Canada et qu’il ne discrimine pas. Il vise toute personne peu importe l’âge, le sexe et la situation économique. Il touche plus d’un million de Canadiens: hommes, femmes, garçons et filles de tous les groupes d’âge. Ce trouble est réel, peut être complexe à diagnostiquer et a des conséquences sur de multiples aspects de la vie des personnes qui en sont atteintes. Dans la majorité des cas, ce trouble ne disparaît pas. Il demeure tout au long de la vie de l’individu. Le TDAH a des répercussions sur les enfants à l’école, les étudiants aux études postsecondaires, les employés au travail et les parents à la maison. »

Les coût rattachés à cette problématique sont importants.  Importants pour les parents parce que souvent, faute de support au public, on doit aller chercher de l’aide au privé. Mais aussi, comme société. Un enfant non-diagnostiqué coûtera plus cher pour être éduqué (les défis étant plus grands) et n’obtiendra probablement pas un travail à la mesure de ses ambitions. Un enfant qu’on diagnostique, sera supporté par un traitement médical et souvent, aura la possibilité d’obtenir des services et de l’aide à l’école.  Et ultimement, arriver à s’accomplir en tant qu’adulte tant dans sa vie personnelle que dans sa vie professionnelle.

Je vous invite avant tout à consulter mon billet sur les Mythes et réalités du TDAH

Et ensuite, à visiter le site web consacré à cette semaine de sensibilisation afin d’y chercher des pistes de sensibilisation qui vous ressemblent.

Puis finalement, à visiter notre page facebook Famille TDAH

Pour ma part, je continuerai à publier et je vous encourage fortement à nous présenter vos idées de sensibilisation afin qu’ensemble, nous arrivions à y changer quelque chose!

Bonne semaine!