L’estime de soi, mon héritage


« Nul ne peut être heureux s’il ne jouit de sa propre estime ». – Jean-Jacques Rousseau

Dans les éléments favorisant la prise en charge du TDAH, on parle très souvent d’estime de soi. On dit même que c’est un élément très important, voir essentiel pour l’enfant TDAH vivant des difficultés. Le dictionnaire de l’éducation définit celle-ci comme  «la valeur qu’un individu s’accorde globalement; cette valeur fait appel à la confiance fondamentale de l’être humain en son efficacité et en ses mérites». D’autres définitions proposent certaines nuances. Comme celle de Josianne St-Paul : «L’estime de soi est l’évaluation positive de soi-même, fondée sur la conscience de sa propre valeur et de son importance inaliénable en tant qu’être humain. Une personne qui s’estime se traite avec bienveillance et se sent digne d’être aimée et d’être heureuse.  L’estime de soi est également fondée sur le sentiment de sécurité que donne la certitude de pouvoir utiliser son libre arbitre, ses capacités et ses facultés d’apprentissage pour faire face, de façon responsable et efficace, aux événements et aux défis de la vie». Que notre enfant soit TDAH ou non, on aspire tous à ce qu’il soit capable de faire face aux événements et aux défis de la vie… c’est l’essence même de ce que l’on souhaite comme parent lorsque l’on met au monde un enfant… le préparer à la vie…

Là où le bat blesse, c’est la capacité de nos petits TDAH à avoir une bonne estime d’eux-mêmes. Ils sont sans cesse confrontés à leur propres difficultés à faire face aux défis de la vie.  On travaille ces difficultés, on les analyse, on fait appel à des spécialistes et chaque fois, l’enfant se fait rappeler qu’il a une difficulté, qu’il n’est pas comme les autres. Et c’est là que l’estime de soi est affectée.

Pour favoriser l’estime de soi, il faut d’abord assurer les besoins primaires de l’enfant. Maslow a d’ailleurs construit une pyramide des besoins qui tient compte du besoin d’estime de soi et il apparait au 4e rang.  Il est donc essentiel, d’assurer les 3 autres besoins pour arriver à soutenir l’estime de soi.  Ces besoins sont :

  1. Besoins physiologiques –  nécessaires à la survie de la personne, ils sont impérieux (boire, manger, dormir, se réchauffer, …) et peuvent l’emportermaslow sur la conscience s’ils ne sont pas satisfaits.
  2. Besoins de sécurité – liés à l’aspiration de chacun d’entre nous à être assuré du lendemain physiquement comme moralement. Sécurité d’un abri / des revenus et des ressources / physique contre la violence, agressions … / morale et psychologique…
  3. Besoins d’appartenance et d’amour –  recherche de communication et d’expression, d’appartenance à un groupe. Ce besoin d’intégration dans le lien social va de pair avec le besoin de reconnaissance et de considération. Le besoin d’amour doit pouvoir être mis en considération (besoin d’aimer, d’être aimé, de former un couple).
  4. Besoins d’estime –  être respecté, se respecter soi-même et respecter les autres. Besoin de s’occuper pour être reconnu, avoir une activité valorisante qu’elle soit dans le domaine du travail, ou dans celui des loisirs. Il s’agit en particulier, du besoin de se réaliser, de se valoriser (à ses propres yeux et aux yeux des autres) à travers une occupation.
  5. Besoins d’accomplissement personnel / de réalisation – Besoin de poursuivre certains apprentissages avec l’implication du goût de l’effort, de connaître de nouvelles techniques et d’avoir des activités purement désintéressées. Besoin de communiquer avec son entourage et de participer, fût-ce modestement, à l’amélioration du monde.

Reconnaître l’enfant qui a une bonne vision de lui-même

Cet enfant adopte les attitudes et les habiletés suivantes :

  • sécurité et détente
  • sentiment général de bien-être
  • sentiment de confiance face aux adultes
  • capacité de se souvenir de leurs succès
  • capacité de percevoir leurs qualités et leurs habiletés
  • sentiment de confiance face à leurs propres capacités
  • capacité de faire face aux événements nouveaux
  • motivation face aux nouveaux défis ou apprentissages
  • persévérances face aux difficultés
  • capacité à percevoir leurs différences
  • capacité de percevoir et d’accepter les différences des autres
  • capacité de se faire respecter
  • capacité d’affirmation personnelle et d’autonomie
  • capacité d’initiative
  • capacité d’imagination et de créativité
  • capacité de régler pacifiquement  des conflits sociaux
  • capacité de coopération
  • sentiment de bien-être dans un groupe

Évidemment, il n’est pas nécessaire de posséder tous ces attitudes pour avoir une bonne estime de soi. Il faut toutefois chercher à développer le plus d’habiletés chez l’enfant et pourquoi ne pas en profiter pour le faire pour nous-même.  Il n’y a pas d’âge pour développer l’estime de soi.

Comment faire pour développer l’estime de soi chez mon enfant?

Il faut privilégier certaines attitudes et en éviter d’autres.  Parmi les favorables (selon notre document de référence), notons (la liste est longue) :

  • Être présent de façon chaleureuse auprès de l’enfant
  • Être fiable dans les réponses à ses besoins
  • Lui exprimer son amour inconditionnel
  • Souligner et valoriser ses succès d’importance
  • Souligner ses difficultés en ménageant sa fierté et en lui donnant les moyens de s’améliorer
  • Lui offrir un cadre de vie stable dans le temps et dans l’espace
  • Établir des règles de conduite sécurisantes et claires
  • Être constant dans l’application des règles de conduite
  • Être ferme par rapport à certaines valeurs importantes et être souple sur d’autres points
  • Imposer des conséquences logiques et naturelles aux manquements
  • Réduire les facteurs de stress pour l’enfant en le préparant aux changements, en minimisant leur nombre et en aidant l’enfant à trouver des façons de se calmer quand il est stressé
  • Être un adulte en qui on peut avoir confiance
  • Réactiver les souvenirs de ses succès passés
  • Souligner les forces de l’enfant
  • Soutenir l’enfant face aux difficultés
  • L’encourager à trouver des solutions aux problèmes
  • Utiliser un langage positif et valorisant
  • Favoriser l’expression de ses sentiments et émotions
  • Permettre une ouverture aux autres
  • Encourager les gestes de générosité et de coopération
  • Encourager l’enfant à se faire des amis et à gérer lui-même les conflits
  • Lui confier des responsabilités adaptées à son niveau
  • L’encourager à faire des choix et à développer son autonomie
  • Encourager sa créativité
  • Valoriser ses initiatives
  • Respecter les motivations de l’enfant
  • Respecter le rythme de développement de l’enfant
  • Accorder plus d’importance à la démarche d’apprentissage qu’aux résultats
  • Accorder le droit à l’erreur
  • Dédramatiser les erreurs
  • S’amuser avec son enfant

Je suis certaine que vous connaissiez plusieurs de ces recommandations et sûrement que vous les mettez déjà en pratique. J’aurais pu ajouter les attitudes défavorables à l’estime de soi mais je crois beaucoup en vos capacités de parents et je pense qu’en mettant de l’avant les attitudes favorables, on arrive mieux à se projeter positivement plutôt que de taper sur notre propre estime (je suis un mauvais parent, j’ai une attitude défavorable – vous voyez le topo?). J’espère que ce billet sur l’estime saura vous aider et vous encourager à donner le meilleur de vous-même.

Réf. : L’estime de soi, un passeport pour la vie, Germain Duclos, Collection du CHU Sainte-Justine pour les parents

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