Svp aidez-moi, il pète encore les plombs !


-Vous l’avez demandé en grand nombre, voici donc mon premier billet sur la gestion des crises.

312444_10152376661110212_1988165466_nLes « crises » apparaissent souvent chez un enfant TDAH présentant aussi une comorbidité de trouble oppositionnel. Toutefois, elle peuvent aussi être très présentes chez les enfants TDAH ayant un prédominance d’hyperactivité-impulsivité ou un TDAH de type mixte.

Ces enfants ont du mal à se contrôler et à se maîtriser, d’où la présence de crises qui peuvent dégénérer.

Pourquoi?

On sait que les enfants TDAH vivent dans le moment présent, dans l’immédiat.  C’est l’un des facteurs qui explique pourquoi il vivent de la frustration quand leurs besoins/désirs ne sont pas satisfaits de façon immédiate. Donc, avant de parler de gestion de crise, il faut d’abord savoir reconnaître ce qui enclenche le processus de crise, ce qui amène l’enfant à péter les plombs.

Les voici:

  1. Ses besoins ne sont pas satisfaits  immédiatement (on le redit, c’est important)
  2. L’injustice – l’enfant TDAH a du mal à reconnaître ses tords et a davantage le sentiment de subir de l’injustice
  3. Un trop plein – de stress, d’émotions et de frustrations surtout s’il y a présence d’anxiété
  4. Revivre une émotion – il a associe une émotion désagréable passée à la situation actuelle, même s’il n’y a pas de ressemblance
  5. La faible estime de soi – Les échecs répétés affectent l’estime de soi et en situation de rappel de cet échec (ou de réprimande), l’enfant éclate.
  6. La perte de pouvoir – il a du mal à vivre sous l’autorité de l’adulte
  7. L’envahissement de l’espace personnel
  8. La colère déplacée – une colère qui est survenue dans la journée peut être responsable du trop plein de frustrations (son verre déborde déjà)
  9. Le besoin d’attention – l’un des plus importants. L’enfant cherche l’attention de l’adulte, sans égard à l’aspect négatif de celle-ci
  10. Les monologues intérieurs – l’enfant répète des phrases (c’est nul, c’est toujours moi, je déteste) qui renforcent sa colère
  11. et en finalité… les aspects plus physiologiques tels que la fatigue, la faim, le manque d’exercice… une bonne hygiène de vie, évite bien souvent l’apparition des crises.

Prévention des crises

Lorsque vous aurez identifié les facteurs déclencheurs de crises, il faut maintenant arriver à les prévenir. D’abord, ne pas donner de l’attention à un enfant qui souhaite de l’attention (il cherchera votre attention, qu’elle soit négative ou positive) est un grand pas dans la bonne direction.  Il faut aussi lui montrer comment se calmer (écouter de la musique, jouer calmement, prendre une collation, regarder la télé) ou comment se défouler (aller jouer dehors, courir, danser, etc.). Il est important de ne pas demander à l’enfant de se maîtriser en toute situation, il en est incapable. D’autant plus qu’il est normal de vivre des frustrations et d’être submergé par ses émotions.  C’est dans la façon de gérer celles-ci qu’il faut intervenir.

Gestion de crise

Lorsque vous sentez que la crise pourrait apparaître, généralement les signes de colère sont fortement présents, il faut apporter de l’aide à l’enfant et faire preuve d’empathie.

  • Ce que vous devez FAIRE : poser des questions pour amener l’enfant à exprimer ses frustrations (qu’est-ce qui ne va pas?) et lui laisser le temps de s’exprimer. En relation d’aide, on utilise souvent l’écoute active. Le principe simplifié consiste à répéter les derniers mots de l’enfant ou à reformuler avec justesse ce qu’il a dit afin de lui faire sentir qu’on comprend et l’amener à compléter sa pensée (« Je déteste ma soeur » – Tu n’aimes pas ta soeur). Il faut arriver à le faire sans juger, sans analyser la situation.  On résume et on répète, c’est tout. On reste calme (notre voix aussi), on rassure et on apaise (se mettre à sa hauteur, le toucher ou s’approcher en douceur). Vous êtes doué pour les blagues, c’est le temps de sortir votre savoir-faire, dédramatiser la situation a un effet très apaisant. Si rien n’y fait, le laisser tranquille et le laisser se calmer.
  • à ne pas dire ou à NE PAS FAIRE : évaluer l’état mental de l’enfant (t’es donc bien agressif!), lui demander de s’excuser, le culpabiliser ou lui parler avec autorité. Ce n’est surtout pas le temps de narguer l’enfant et d’adopter une position agressive à son tour.

Lorsque vous sentez le dérapage, que la réaction de l’enfant est plus agitée, qu’il a du mal à se retenir ou qu‘il communique avec agressivité, c’est qu’il s’engage dans la crise.

  • Ce que vous devez FAIRE : continuer l’écoute active tout en ajoutant notre perception de l’émotion qu’il vit (tu me sembles en colère), lui donner une consigne sur ce qu’on souhaite qu’il ai comme approche, lui suggérer des façons pour se calmer : prendre de grandes respirations ou s’asseoir seul calmement. Se détacher émotivement de la situation (s’il nous hurle à quel point il nous déteste, l’ignorer).
  • Ce qu’il ne faut PAS FAIRE : monter le ton, s’impatienter ou tenter de contrôler l’enfant.

Lorsque l’enfant n’est plus réceptif aux paroles de ses parents et qu’il est en perte de contrôle, l’écoute active n’est désormais plus utile. C’est le moment d’être plus directif.

  • Ce que vous devez FAIRE : Réprimander avec efficacité ; quel est le comportement à cesser, les raisons pour lesquelles vous ne tolérez pas ce comportement et ce que sera la conséquence si ce comportement ne cesse pas. On essaie de faire valoir les conséquences positives (il a le choix entre les deux). La conséquence doit être raisonnable et surtout applicable. Évidemment on s’exprimer sur un ton ferme.
  • Et ce que vous ne devez PAS FAIRE : des menaces, des punitions illogiques ou corporelles, revenir sur des anciennes histoires (l’histoire se répètera de toute façon), être moralisateur, hausser le ton ou contenir physiquement.

Il a perdu le contrôle et il pète littéralement les plombs? Son volcan éclate et c’est exactement là où on déteste se rendre n’est-ce pas?

  • Il faut alors FAIRE: demander à l’enfant de se retirer dans un endroit calme, de s’approcher de l’enfant et tenter de le toucher (s’il réagit, reculer et attendre) pour le calmer.  Éloigner les sources de danger et demander aux personnes présentes de s’éloigner. Il n’est toujours pas calmer? Le laisser seul un moment pour le laisser reprendre son calme. Si sa sécurité ou celle des autres est menacée, maintenir physiquement l’enfant (on le prend dans ses bras de dos et on encercle ses bras).
  • ÉVITER d’exprimer votre exaspération ou de l’insulter.  Ce n’est pas le moment de le regarder en croisant les bras et de lui demander de se calmer, il est déjà en crise! C’est encore moins le moment de hausser le ton, de l’acculer au mur ou d’interdire l’enfant de parler.

Il est suggéré de laisser l’enfant seul après la crise pour qu’il puisse retrouver ses esprits (10 à 30 minutes). Ce n’est pas le moment pour le sermonner  ou entrer dans une longue discussion sur les motifs de sa crise. Ce n’est pas non plus le moment de le punir.

Les clés du succès résident dans les actions que je vous ai décrit comme étant à FAIRE.  Si vous suivez ces instructions, vous devrez être en mesure d’anticiper une crise et même, de la prévenir.

Bonne chance!

– Mon prochain billet portera sur le comportement d’opposition dont l’approche est plus globale mais dont la base reste la même.

Réf. : Mieux vivre avec le TDAH à la maison - Programme multi-propulsions (volet parents).

22 réflexions sur “Svp aidez-moi, il pète encore les plombs !

  1. un grand merci pour les conseils, on va apprendre à les appliquer. Notre souci est qu’on vit dans un pays sans infrastructure ni éducation spécialisée pour ces enfants et notre enfant de 10 ans n’a même pu être diagnostiqué, mais il présente tous les signes, je dis bien TOUS, les signes du TDAH. A chaque fois que je trouve un site comme le vôtre, je fais appel à de l’aide même minime (pas monétaire mais en terme de conseils, centre spécialisé international…) car l’éducation de base de mon pays ne prévoit rien pour mon enfant et il est constamment rejeté et incompris, on est au bout du rouleau mais lui au bord du gouffre. D’avance merci pour tous ceux auront l’amabilité de répondre.

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  2. Bonsoir, mon garcon a eu 11 ans en juin dernier donc, en plein changements hormonaux en plus de son TDAH avec opposition et impulsivité. Ouf, ce n`est pas toujours un long fleuve tranquille quoi qu`il faut s`accrocher, y croire, persévérer et choisir ses batailles une a la fois sans trop bousculer. Vivre le quotidien un jour a la fois; ici maintenant le moment présent avec son enfant. Merci d`avoir crée ce si beau sit, longue vie….

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  3. Bonjour, bénévole d’une association : TDAH France HyperSupers, je souhaite savoir s’il est possible de partager votre billet sur nos forums, avec votre nom d’auteur et la référence de votre blog. Astrig Tkl, sur facebook

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  4. facile a ecrire toute cela….mon fils a 11 ans, diagnostiqué depuis 5 ans déjà, TDAH +++++ hyper impulsif, sous concerta actuellement et bombe a retardement quand je le recupere a la sortie du college, j’avoue qu’appliquer vos principes me laisse reveuse! certes, certains deviennent assez évidents a force mais d’autres, il faut vraiment etre de marbre, d’une zenitude maximale, ….. je sais pas! actuellement, je ne travaille plus donc pendant mes quelques heures de libre entre le matin et l’apres midi je recupere mais les heures avec lui sont littéralement épuisantes, éreintantes , entre calins, attention permanente, devoirs, surveillance, trajets pour activités sportives, + gestion du quotidien! sachant qu’il a un frere qui a aussi besoin qu’on s’occupe de lui! c’est quand meme un trouble hyper envahissant sur le plan familial….

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  5. Retenir physiquement est à éviter car l’ampleur de la crise peut vraiment augmenter car l’enfant panique comme si sa vie était en grave danger. Avec notre fils très fragile physiquement deux animateurs et 4 pompiers ont eu du mal à le tenir. Nous le laissons TOUJOURS se calmer tout seul.

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  6. Sous « compétence parentale », quoi faire lorsque nous-même en tant que parent, sommes TDAH? Il y a tout plein de services et d’informations pour les enfants, mais je n’en trouve pas pour les parents qui passent leurs journées à courir en rond après des guenilles oubliées, des cheerios qui revolent partout et qui oublient la cafetière que est en train d’exploser sur le poele parce que le téléphone a sonné ou n’importe quelle autre niaiserie?

    Bref, j’aimerais bien connaître les trucs qui vous empêchent de vous jeter en bas d’un pont. J’ai de la difficulté à ne pas penser que mes enfants seraient mieux si ils étaient élevés par quelqu’un de non TDAH. Elles risquent fortement de l’être, mais elles sont encore trop jeunes (moins de 3 ans, déjà retard de langage, foncent dans les murs et s’enfargent dans les fleurs du tapis parce qu’elles sont dans la lune; comme maman).

    Je suis récemment diagnostiquée (28 ans, études de 2e cycle universitaire qui s’éternisent) et j’ai de la difficulté à accepter mes « symptômes » , de réaliser que je suis une déficiente biologique.

    Merci pour ce blog, j’admire votre courage (et votre organisation, rigueur, persévérance, constance).

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    • Le blog TDAH-adulte.org contient toute les infos nécessaires pour se connaître soi-même et ainsi pouvoir identifier ses émotions, réactions dans le but de détecter les premiers signes et les prévenir/équilibrer. L’auteur est lui-même TDAH et il partage sous forme d’information et de trucs (gérer son énergie, vider la tête de ses idées). J’ai découvert ce site il y a deux semaines au début de ce qui allait être une longue période de dépression et elle a pu être diminuée à seulement une semaine et demie.

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    • bonjour roquete verte!!!! moi j ai 39 ans et on vient de me diasnotique!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!oui une belle et bien vrai tdah impulsive au maximum…………. je suis en pleine dépression!!!!!!!!!!!!mes enfants on 17ans et 8ans dur dur autant pour l un que pour l autre ………de plus pour moi aucum soutien familial!!!!!!!!bref !!!!!!!!!!!oui reste zen est tres dur pour nous!!!!!!!!!!la j ai encore rdv en octobre!!!!!je pense que je vais prendre ritaline!!!!!!!!!!cela fait rire mes enfants!!!!!et les rassure!!!!!!!!!moi personnellement je veux m en sortir !!!!!!!!!!car je ne veux pas subisse ce que je subis en se moment!!!!!!!!!!!!alors courage !!!!!!!!!!!!!!!vous allez vous en sortir!!!!!!!!!!oui courage car il en faut!!!!!!!!!!!!!je me tiens a votre disposition!!!!!!!!!!!!!!!!!!bon courage et ne desesperer pas!!!!!!!!!!!!!!!!!!la solution va venir!!!!!!!

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  7. je suis une mamie et ma fille de 28 ans demeure avec moi et mes deux petit enfants ,un garcons de 8 ans Jeremy et une petite fille de 16 mois,mon petit fils est attein de se trouble de comportement ,oufff je pourais vous en parler longtemps ,j’ai l’impression,de reélever ma fille et en plus mon petit fils se n’est pas toujour drole car ma fille a se type de comportement aussi ,je doit gerer les deux oufff cé du sport ,une chance que dieu ma donner une santé de fer ,mais je doit avouer que parfois je lui demande de me donner la force de continuer,merci de cette belle aide

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  8. merci beaucoup pour cet article. Si j’avais su que mon fils était tdah il y a 2/3 ans, et que j’avais lu cet article, il m’aurait beaucoup aidé, et surtout j’aurai pu aider mon fils. Depuis qu’il a été diagnostiqué au mois de mai, et qu’on a été à une conférence sur paris, on arrive mieux à le gérer, à l’aider, à le comprendre. Et qu’est ce qu’il a changé bcp dans le positif ;o) allez courage à tous

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  9. merci pour cet article tres interessant ! toutefois , j’aimerais avoir des explications concernant le : « ne pas donner d’attention à un enfant qui réclame de l’attention »….j’avoue ne pas comprendre…. merci !

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    • ne pas donner de l’attention négative. Parce que lorsque l’enfant se fâche parce que son besoin n’est pas comblé immédiatement, par exemple, y porter attention (intervenir en se fâchant ou en haussant le ton), c’est lui donner de l’importance. Il ne faut pas encourager les comportements négatifs. Oui il faut intervenir avant qu’il pleure ou deviennent en crise, mais une fois qu’il pète sa coche, le laisser seul. Bref, je vais en reparler parce que ce n’est pas toujours évident de comprendre le principe… de l’attention positive oui, la négative, on l’ignore. 🙂

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      • Je dois avouer que c’est le seul passage où je me suis posée des questions … Ne pas donner d’attention si l’enfant en réclame ? Mais dans quelle mesure ? De quelle façon ? On est bien « obligé » de leur prêter attention…? En cas de crise seulement ??… Merci aussi pour moi !
        Ah ! 🙂 Je viens de lire la suite… 😉 OK, je comprends mieux l’idée. Merci

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  10. allo! Merci, ça tombe tellement à point, j’ai eu droit à une soirée de colère, d’ostinage, de provocation, de cris…ouf, j’ai fait la plupart des ‘NE PAS FAIRE’…c’est difficile, my god que c’est difficile de se détacher et se souvenir, sans réagir exactement comme on ne veut pas qu’il fasse: en perdant le contrôle…

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