Le TDAH ça m’affecte, et vous?


Il n’y a pas à dire, la semaine de sensibilisation au TDAH de la CADDAC, sensibilise! Ce blogue a fracassé ses records en termes de visiteurs (près de 800 visiteurs hier) mais notre page Facebook a aussi plus d’amateurs.  Mais ce qui me touche le plus, c’est de voir que parmi mes amis Facebook, il y a des gens qui sont aussi touchés par le TDAH.  Au fil des derniers mois, des derniers jours même, plusieurs se sont ouverts et m’ont confiés être TDAH ou avoir à négocier quotidiennement avec un enfant TDAH.  On oublie souvent le pourcentage de pénétration de ce trouble dans la population… 3 à 7 % d’âge scolaire (4% chez l’adulte)… dans une classe, on parle d’ un à deux enfants aux prises avec un TDAH… l’école s’adapte aux enfants allergiques et tranquillement, elle s’adapte aux enfants TDAH (pas partout, j’en convient). Le TDAH affecte la vie à l’école mais aussi notre vie familiale… c’est justement cet élément qui m’a fait un jour penser à communiquer ce que nous vivions à travers un blogue. Je suis affectée, notre famille l’est et plusieurs autres aussi le sont. On n’en meurt pas, mais ça ne veut pas dire que c’est nécessairement facile de vivre avec.

Comment je le remarque?

On nous a déjà dit que notre fils était comme tous les autres enfants, qu’il ne semblait pas avoir un trouble.  C’est vrai, ce trouble n’est pas toujours perceptible par l’entourage, c’est un mal invisible à l’oeil (surtout au niveau de l’attention).  Il suffit pourtant d’être dans le proche entourage de l’enfant pour percevoir ces signes…

Chez l’enfant TDA (déficit d’attention), les difficultés apparaissent souvent à la maison mais se confirment en classe.  Il a du mal à :

  • maintenir son attention, surtout quand il est dans un environnement stimulant (le bruit environnant, la présence d’objets intriguants, etc). Il est donc très facilement distrait.
  • sélectionner les éléments d’information les plus  importants (pour lui ça peut être plus important de jouer avec une balle que de s’habiller pour aller à l’école)
  • respecter les règles ou les consignes données, surtout si on en donne plus d’une à la fois (mon fils n’est toujours pas capable de respecter la consigne lui demandant de préparer son sac pour l’école, même à 10 ans. Quelquefois, je dois répéter plusieurs fois une consigne, brandir la menace de conséquence pour qu’enfin, il exécute ce que je lui demande).
  • maintenir suffisamment longtemps une représentation mentale d’un événement ou d’une situation et à agir en conséquence (la fameuse mémoire de travail)
  • partager l’information (faire deux trucs en même temps)
  • se mettre au travail (il procrastine), surtout quand l’intérêt n’y est pas.
  • s’organiser (chez nous, c’est le principal problème). Il a du mal à organiser ses idées (il a des idées très créatives mais qui sont difficiles à comprendre, à suivre), à diviser la tâche en partie et beaucoup de difficulté à planifier.
  • se souvenir des trucs importants.  Il oubli ou perd ses choses… la tuque, une mitaine, ses manuels scolaires et toutes sortes de choses.
  • maintenir un effort soutenu. Il manque de persévérance et surtout, a du mal à terminer une tâche (ou un projet).  Si le rythme est trop lent, il décroche (ce qui n’est pas le cas pour certains jeux comme les jeux vidéo ou les LEGO).
  • s’adapter en cours d’action. Il a de la difficulté à gérer ou à diriger ses ressources attentionnelles entre deux tâches ou encore à profiter d’un commentaire pour améliorer sa performance à la suite d’une erreur.
  •  saisir la notion du temps. Il a de la difficulté à l’estimer, à respecter les échéances dont les limites de temps et il a beaucoup de difficulté à se projeter à long terme (difficile de le convaincre d’étudier maintenant pour l’examen de lundi prochain par exemple).
  • se situer dans l’espace (présentation des travaux non soignés, le désordre dans son pupitre, dans son sac ou dans sa chambre, la difficulté à écrire sur les lignes ou à aligner des chiffres, etc.).

Pour les petits impulsifs on parle surtout de difficultés reliées à/au :

  • l’autocontrôle : il répond trop vite, il s’exécute rapidement ce qui lui fait faire plusieurs erreurs, il a du mal à suivre les étapes sans soutien (un plan par exemple) et il a un mal fou à contrôler son excitation (quand il est excité, mon fils peut se rouler par terre, rire aux éclats et taquiner sans pouvoir s’arrêter).  À l’école, l’enfant aura du mal à ne pas courir ou à garder le silence dans les rangs.
  • l’inhibition comportementale : Il a de la difficulté à arrêter les réponses spontanées ou à mettre fin aux réponses en cours (saute du coq à l’âne, répond avant de savoir quelle est la fin de la question) et surtout, il a de grandes difficultés à arrêter les comportements inappropriés. Lorsque l’on comprend cet aspect, beaucoup de ses comportements sont remis en perspective par l’adulte, on comprend alors qu’il ne fait pas exprès pour nous titiller.
  • délai de gratification : Faire la queue, attendre son tour dans les jeux, partager, coopérer ou ne pas avoir immédiatement ce qu’il veut devient souvent problématique pour lui. De façon générale, attendre est difficile pour lui.  La réalisation des tâches en général est aussi un défi en terme de délai, il va souvent chercher à prendre des raccourcis, à travailler le moins longtemps possible ou à fournir moins d’efforts, surtout si la tâche est ennuyeuse (mon fils choisit les mots les plus courts possible ou un mot qui résume bien sa pensée plutôt que de faire en longueur.  Plus c’est court, mieux c’est! Même si sa phrase tient sur 3 mots).

Pour les plus hyperACTIFS ce sont surtout des difficultés qui se caractérisent par :

un niveau excessif d’activité motrice ou verbale (c’est la plus connue !).  L’enfant bouge davantage durant l’après-midi et même durant son sommeil.  Il a le pied sur l’accélérateur quoi! Le réel problème, c’est qu’eux aussi ont du mal à se contrôler.  L’enfant est sur une patte et n’y peut rien, c’est plus fort que lui.  Il peut émettre de bruits bizarres, jouer avec des trucs qui les entourent et ils parlent BEAUCOUP. En fait, on dit souvent qu’un hyperactif est 3 fois plus en action et prend 3 fois plus d’espace pour le faire. Les gestes peuvent être brusques et engager tout le corps.

Mais en quoi ça nous affecte exactement?

Plusieurs problèmes se développent avec le temps en raison du trouble :

  • conflits avec les pairs
  • retrait et rejet social (comportement impulsif étant moins privilégié par les pairs)
  • fabulation (ils inventent des histoires parce qu’ils n’arrivent pas à se souvenir des faits réels)
  • négation de la part de responsabilité (dans un conflit, ils ne se souviennent plus du rôle qu’il y on joué, donc il nieront la responsabilité)
  • estime de soi.  On en parle souvent mais c’est un élément important. L’adulte en nous sait bien quels sont les impacts d’une faible estime de soi. Ils restent collés à notre peau comme une punaise sur un chien.
  • On parle aussi de plusieurs autres problèmes : troubles du langage, difficultés d’apprentissage, symptômes de dépression, anxiété, problèmes moteurs et problèmes d’opposition.

Vous pensez qu’on s’invente des histoires maintenant? Qu’on manque juste de patience ou de rigueur ou encore que notre enfant est juste un petit tannant qui a besoin de faire du sport? Eh bien non, ces troubles existent vraiment et nous y faisons face quotidiennement.  Quand notre enfant ne voit pas bien, ne nous empêchez pas d’avoir envie de lui offrir une paire de lunettes!

Toujours dans un soucis de justesse, je me suis référé au guide « Mieux vivre avec le TDAH » de Chenelière éditions Inc.

5 réflexions sur “Le TDAH ça m’affecte, et vous?

  1. Bonjour, je me reconnais effectivement, ayant été decelée en 2011 a l’age de 42 ans, ce que je deplore c’est que ce trouble reste totalement meconnu en France et le probleme c’est que les peu de fois ou l’on en parle, on ne parle que du TDAH de l’enfant! du coup je me sens hyper isolée et totalement incomprise!

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    • Bonjour, mon fils a été diagnostiqué en 2013. La première chose que le pédiatre nous a dit est que ce trouble passerait avec l’adolescence !
      En effet, en France, on ne connait que très peu cette maladie, même lorsqu’il s’agit d’un enfant… Combien de fois avons-nous entendu que nous ne posions pas assez de limites à notre fils ?
      Vivement qu’on rattrape ce retard….

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  2. Pingback: Bilan de l’année 2012 « Vivre le [ TDAH ] en famille

  3. Bonsoir, l’opposition je dirais que c’est un des aspect le plus demandant, comme ont dit ça tire du jus, puis ça met la patience a rude épreuve ! Mon fils de 12 ans TDA/H avec trouble d’opposition avec provocation et impulsif … ce que je fais moi pour évité ou diminuer les crises… ex: la semaine il doit arrêté de jouer au jeux vidéo a 20h00 donc vers 19h40 je lui dis « il te reste 20min… 10 min … 5 min… et a 20h00 je lui demande de fermer son jeu » parfois il essaye détirer le temps en me disant  » ok 5 min je fini ma game ou encore ok 5 min je save ma game » moi je lui répond  » ok donc demain tu me devra le nombre de minutes que tu dépasse » il n’aime pas ça donc il ferme assez vite… ou encore quand il décide de ne pas écouté … je double le nombre de minutes dépassé et je lui enlève le lendemain…5 min devient 10 min … il peux arrivé que je négocie avec lui ex: si la veille il a perdu 15 a 20 min je lui demande de faire une tâche dans la maison pour racheter ses minutes perdu… généralement comme il veut jouer il s’oppose moins … parfois il essaye de renégossier … n’oublier pas qu’ils sont très intelligent et teste les limites jusqu’au bout… douceur et fermenter.. dans mesure du possible!

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  4. bonjour, j’ai un fils de 14 ans ayant une dyspraxie associée à une TDAH, décelée il y a six ans Je me retrouve et retrouve complétement mon fils dans ce que vous décrivez. Au jour d’aujourd’hui, j’ai toujours du mal à le gérer et n’y arrive pas. Merci pour ce que vous décrivez, c’est la réalité de tous les jours que je vis et que mes filles vivent. Je ne trouve aucune aide extérieure ; personne n’a encore été capable de me dire comment agir avec lui pour éviter « les crises » et essayer de gérer le quotidien sans drame. Encore merci pour cette description. je vais vite acheter le livre dont vous faites référence pour trouver une réponse.

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