La banalisation et le dopage


Ce matin, j’ai envie de réagir à la nouvelle d’hier concernant la grande consommation de Ritalin au Québec.  36 millions de comprimés (30 par enfant, par mois, ça réduit considérablement le chiffre) ont été fabriqués l’an dernier pour le Québec seulement.  Le chiffre semble alarmant certes, mais comme le mentionnait Dr Laberge lors de sa chronique à l’émission de Paul Arcand, si l’on fait le calcul en fonction de la population et du pourcentage de TDAH en province, on constate que ce nombre n’est pas très grand, soit environ la moitié des TDAH.  Bien entendu, on ne fait état que du Ritalin… qui est selon moi le médicament le moins utilisé par les TDAH (vous me le confirmerez).  Dr Laberge fait état que ce nombre augmentera encore, pour finalement rejoindre (on l’espère) le pourcentage réel qui est de 5% de la population.

Dumont, tu me déçois

Bien entendu, cette explication du dr Laberge est très éclairante et dédramatise la nouvelle voulant que nous soyons des surconsommateurs.  Pourtant, cela n’empêche pas d’autres médias et chroniqueurs de mousser, voir de stigmatiser notre province vis-à-vis notre consommation de Ritalin.  Lors de son émission « Dumont », Mario Dumont père de 3 enfants et homme politique (et des médias) que j’affectionne beaucoup a critiqué le fait que 46% (je crois) des prescriptions canadiennes étaient pour le Québec.  Plutôt que de dire que nous sommes « plus ouverts, plus informés », il nous a ressorti la cassette, la bonne vieille cassette à l’effet que nous parents, prenions trop de médicaments et qu’on faisait du pareil au même avec nos enfants… on bourre nos enfants de pilules, on les dope!!!

Alors moi je vous dis NON monsieur Dumont.  Je ne bourre pas mon fils, je lui donne une médication pour l’aider, pour lui donner une vision plus près de la réalité.  Je ne suis ni une consommatrice d’anti-dépresseurs ou de toute autre forme de psychostimulants, je ne prends même pas de vitamines!! Je comprends qu’il existe des cas où les prescriptions sont faites sur le coin d’une table mais ils sont RARES! Pourquoi nous mettre tous dans le même bateau ?? J’en ai marre de me faire dire que mon fils a besoin de faire du sport, de couper le sucre ou les colorants…! J’en ai marre de me faire sans cesse dire la même ritournelle à l’effet que ça existait dans notre temps des petits tannants dans les classes et que personne n’en est mort.  Ben les « bécosses » ça existait dans le temps de nos parents, ça veux-tu dire qu’on aurait dû continuer à aller pisser dehors parce qu’ils n’en sont pas morts??? Dans mon temps il n’y avait pas d’ordinateur, pas de CD et surtout pas d’Internet…  Nos enfants ont le droit d’ÉVOLUER eux aussi, qu’ils soient TDAH ou non.

J’aurais vraiment envie que l’on me dise qu’on a confiance en mon jugement de parent.  J’aurais tant voulu qu’on me dise « il prend de la médication, oui pis? Il vit mieux? ».  Ben non, faut toujours qu’on nous rabatte les oreilles avec des tonnes d’autres solutions… comme si on était pas à la hauteur comme parent pour éplucher toutes les alternatives. Vous pensez que j’ai accepté de donner un psychostimulant à mon fils de 7 ans sans broncher M. Dumont?  Eh bien non.  Je l’ai fais à reculons… mais l’évidence était là… trop d’éléments étaient en jeu; la survie de mon mariage, la santé de notre famille et l’avenir de mon fils.

L’avenir de nos enfants… vous aussi vous y pensez monsieur Dumont, j’en suis certaine.

7 réflexions sur “La banalisation et le dopage

  1. Merci également pour ce bon commentaire. J’étais anti-médicament et mon fils de 11 ans qui est aussi Tourette ne fonctionnait plus. Après avoir essayé plusieurs médicament dont Straterra, il est maintenant sur Vyvanse depuis septembre dernier et c’est le jour et la nuit pour lui et pour nous!

    Je vous recommande l’excellent livre du Dr Martin L. Kutscher: Les enfants atteint de troubles multiples aux éditions Chenelière. En voici un extrait:

    «…Votre enfant n’est pas ordinaire. Vous pouvez considérer sa situation comme une caractéristique unique et merveilleuse ou comme un handicap. Ou même comme les deux à la fois. Chose certaine, oubliez le concept d’ordinaire..»

    «…Lorsque des adultes décident de me consulter pour leur enfant, ce n’est presque jamais la première démarche qu’ils font. Ils ont déjà encouragé, négocié, menacé, prié et fait comme si le problème allait bientôt disparaître. Tant mieux si ces interventions ont été couronnées de succès! Mais si elles n’ont pas réussi à préserver l’estime de soi de l’enfant, j’invoque un principe simple: si ça marche, continuez, sinon, faites autre chose. Et parfois, cette autre chose est la médication..»

    «…Ne sommes-nous pas trop mou envers l’enfant? NON! Il a déjà la vie dure. Et même s’il prend des médicaments, sa vie restera plus difficile que celle d’un enfant qui se situe dans la norme. Au moment où on lui fera une ordonnance, il aura déjà essuyé plus que son lot d’épreuves. les médicaments ne sont pas parfaits. Les difficultés demeureront, mais le combat sera seulement plus juste et plus tolérable. les occasions de se forger le caractère ne manqueront pas…»

    BONNE LECTURE!!

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  2. J’aime le ton de ton commentaire Ambrumee, je n’aurais pas pu mieux m’exprimer sur le sujet que toi et je suis tout à fait d’accord avec tes propos.

    Je vais dire comme j’ai dit à la directrice de l’école que j’ai rencontré de mon plein gré, il y a des parents qui ne font rien pour leur enfant et ces enfants auraient peut-être besoin d’être pris en charge…mais toi, moi et beaucoup d’autres ont à coeur la santé physique et mentale de leur enfant et font des pieds et des mains pour qu’ils soient heureux en société et au quotidien.

    J’aime beaucoup ton parallèle avec les bécosses …trop vrai et drôle! Puis moi aussi, mon fils de 7 ans prend du Vyvanse et est médicamenté depuis la maternelle…et même si j’en prends depuis 2 ans pour moi, je lui ai donné à reculons mais comme tu le dis si bien, l’évidence est là…Te lire est un plaisir ma chère!

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  3. bravo ambrumee. bravo Nathalie. je t’aime .Meme si j’ai connu les « becosses » et que je ne suis pas « morte » ca fait quand meme du bien de voir que le monde a evoluer. Les « dans l’ancien temps » ont fait de nous, les baby boomer, des personnes qui s’adaptent plus facilement aux desagrements de la vie comme exemple: les pannes de courant, la tele qui ne fonctionne pas bien, les ordinateurs qio n’ont pas la haute vitesse etc….
    envore une fois Bravo!

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  4. Non mais c’est vrai, je ne sais pas ce qui se passe ces temps-ci mais on dirait que c’est encore plus fort qu’à l’habitude! Je n’ai pas à me sentir incompétente dans mon rôle parental parce que mon fils prends du Concerta! Au contraire, je prends action!

    Oui Nathalie, fais-toi plaisir 😉

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