L’évaluation psychologique

Ça y est, le diagnostic est enfin tombé.  Notre fils aîné, que j’appellerai Géronimo, a été diagnostiqué avec le TDAH au mois de novembre 2009.  Il avait 7 ans et demi, il débutait sa 2e année du primaire.  Nous avons eu envie de savoir ce qui habitait notre enfant parce que depuis toujours, il avait un comportement, une attitude un peu différente des autres enfants.  Bien que je ne puisse associer tous les comportements de mon fils au TDAH, il nous apparaissait à cette époque, que nous avions entre les mains, un enfant au parcours particulier.

Après plusieurs années à essayer de comprendre et à bout de souffle, nous avons décidé de consulter une clinique privée en évaluation psychologique trouvée sur Internet (yen a qui sont branchés, enfin!) Le privé? Eh oui! Bien que le Québec soit très bien outillé pour diagnostiquer les troubles d’attention, le temps d’attente pour obtenir un diagnostic est de plus d’une année.  Quand la soupape « pette », tu ne peux pas attendre un an.  Il faut agir tout de suite.  C’est la survie de notre couple, de notre famille qui est en jeu.  Nous avons vidé nos tirelires et nous sommes allé rencontrer Annie au CCPE.

Annie nous a d’abord rencontrés (parents) pour bien saisir notre besoin.   Je dois préciser tout de suite que je n’étais pas certaine que mon fils avait vraiment les signes du TDAH. Il n’avait aucun problème d’apprentissage ni d’hyperactivité et il surpassait depuis toujours nos attentes en termes d’apprentissage (un p’tit vite!).  C’est dans l’attitude que nous avons détecté une problématique.  Nous avons même pensé vers l’âge de 2-3 ans qu’il avait un problème d’audition tellement il ne portait pas attention à ce qu’on lui disait.  Mais c’est vraiment à la maternelle que nous avons remarqué son manque de maturité et d’inattention.  En le comparant aux autres élèves bien sûr, mais aussi parce que les adultes l’entourant, se questionnaient sur son comportement.  Ils devaient sans cesse le ramener à l’ordre.  Géronimo avait aussi du mal avec les transitions (passer d’une activité à une autre) et ne respectait pas bien les consignes.  Il parlait beaucoup et écoutait peu.

Nous avons donc raconté le parcours de notre enfant à Annie qui notait tout.  Je lui ai fait part de mon questionnement à l’égard de la possible douance (ou haut potentiel) de notre enfant parce que j’étais, oh combien certaine que c’était ça! Elle nous a ensuite proposé une approche d’évaluation.  Elle nous proposa de rencontrer Géronimo à 2 reprises pour évaluer sa capacité intellectuelle et ses capacités d’attention.  2 rencontres de 2 heures seule avec l’enfant à lui faire faire des jeux et des exercices.

En bout de piste, nous avons dû ajouter une 3e rencontre de 2 heures parce Géronimo avait réalisé plus d’exercices d’aptitude que prévu.  Géronimo aimait beaucoup ces rencontres, il sentait qu’il en mettait plein la vue à Annie.   Les rencontres ont été suivies par un rapport plutôt exhaustif et très scientifique.  Bien étoffé, bien mesuré, rempli d’échelle de percentile pour chacun des tests.  Le rapport nous confirma à notre grand étonnement, que nous avions un enfant TDAH avec hyperactivité de niveau moyen à sévère.  Bien que ce ne soit pas comparable en termes de gravité, je me suis sentie comme ces gens que l’on voit dans une pub et à qui on annonce qu’ils ont le cancer ou qu’un de leurs proches en est atteint (ces gens tombent à la renverse dans la pub).   Renversant est le mot.  Annie m’a dit « vous allez devoir faire un certain deuil ».  Elle avait raison, j’ai sentis mon monde s’écrouler.

Prendre le taureau par les cornes !

Mon petit amour allait être affecté par ce trouble jusqu’à la fin de ses jours… lui qui avait tant de potentiel, tant d’avenir.  Woooooooh me direz-vous, il-a-de-l’avenir ! Et vous avez raison ! J’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et d’affronter la situation, de me battre pour lui! Nous l’avons mis au monde, nous sommes ses guides et nous allons le guider malgré tout, peu importe ce qu’il a dans sa petite valise!